Description du projet

Champignons > Mérule

Instructions pour les personnes en contact avec un chantier mérule

Champignon destructeur du bois, la mérule a besoin d’un taux d’humidité élevé pour démarrer son activité. Lorsque le champignon a commencé son développement, il génère des racines ou mycéliums qui vont aller chercher de l’eau et chercher du bois. Les racines peuvent traverser des murs de plusieurs mètres d’épaisseur, du béton, du gypse et toutes sortes de matériaux. Les racines serviront ensuite à véhiculer le champignon et l’eau jusqu’aux éléments en bois que le champignon aura détecté. De cette manière, un local habituellement sec et sain peut, sous l’action d’une mérule venant de l’extérieur, se transformer en local humide et insalubre.

Cinq conditions sine qua non doivent être réunies en même temps pour démarrer une mérule :

  1.  eau ou humidité en forte quantité (fuite, inondation, rupture de conduite, inondation, condensation etc.)
  2. présence de bois
  3. présence de spore ou de particule de mérule
  4. température située entre 3 et 26 °C
  5. absence de ventilation

L’absence d’aération et de lumière sont des conditions favorisantes. La mérule progresse dans une plage de température allant de 3°C à 26°C. Lorsque le champignon a pris corps dans un élément, il peut capter l’humidité ambiante pour poursuivre son évolution. Une mérule existante, déplacée et isolée de tout apport en humidité (partie de fructification déposée sur un parquet saint et sec par exemple) ne pourra pas continuer son développement. Par contre, une mérule existante, déplacée et entreposée sur un site propice (humide et tempéré) développera rapidement des mycéliens et pourrait commencer une ”nouvelle” activité sans “dégât des eaux”.

Précautions

  • La mérule est un champignon destructeur du bois extrêmement contagieux pour les bâtiments.

  • Ce champignon se propage par ses racines qui peuvent s’enfoncer dans le sol, traverser des murs épais de plus d’un mètre ou des dalles en béton. Une petite portion de racine transportée dans un autre endroit peut provoquer une nouvelle mérule.

  • La mérule se propage également au moyen de ses spores (organes de reproduction) qu’elle peut produire en très grande quantité (jusqu’à 200’000 spores par seconde pendant plusieurs semaines). Ces spores microscopiques finissent par recouvrir toutes les surfaces situées dans le même local que le champignon, voire plus loin. Chaque spore est susceptible de développer une nouvelle mérule. Les spores se déplacent parfois avec l’homme (sous ses semelles, sur ses habits ou ses outils, avec le matériel évacué, déplacé ou récupéré).

  • Tout ce qui sort d’un local mérulé doit être préalablement examiné par un imprégnateur professionnel reconnu et éventuellement désinfecté ou conditionné. Cela concerne le matériel récupéré, les gravats, les outils et aussi le personnel et les habits. Lorsqu’un intervenant quitte le chantier ou change d’endroit de travail, il doit changer ses vêtements et ses souliers. Lorsqu’un intervenant sort de l’enceinte protégée, il doit chaque fois désinfecter ses semelles dans les seuils de désinfections posés à cet effet.• Les personnes qui ne tiendraient pas compte de ces directives prennent le risque de propager le champignon et de favoriser son développement dans d’autres locaux ou bâtiments. Ces personnes deviennent responsables vis-à-vis de tiers.

  • Toute personne devant travailler ou accéder dans les mêmes locaux devra préalablement prendre contact avec l’entreprise d’imprégnation et obtenir son autorisation ou son assistance (coordination des travaux avec surveillance par imprégnateur compétent, informations complémentaires ou parti-culières).

  • L’entreprise de traitement se décharge de toute responsabilité quant aux conséquences éventuelles de l’inobservation des recommandations de la présente et de la propagation du champignon sur d’autres sites.

Conseils pour la reconstruction et occupation des locaux après un chantier mérule

Le traitement de la mérule est bien maîtrisé par les entreprises spécialisées. Tous les bois atteints sont évacués et incinérés. Les maçonneries touchées sont décrépies, passés à la flamme puis percées, traitées en surface et en profondeur par des injections de produits fongicides.

Pour la reconstruction après un traitement de mérule, plusieurs points importants doivent être respectés :

  • toute source d’humidité susceptible de lessiver les produits de traitement ou d’en altérer l’efficacité doit être supprimée ou maîtrisée (création ou surveillance de ventilations, de drainages, maîtrise du point de rosée, etc.).

  • on peut utiliser du bois, mais celui-ci ne doit être en aucun cas être mis directement en contact avec des parties qui ont été mérulées ni des zones encore humides. On utilisera de préférence des bois naturelle-ment résistants ou traités de manière appropriée. On isolera les parties de bois des parties de maçonnerie avec un isolant hydrofuge (revêtement bitumineux ou feuille de cuivre par exemple).

  • lorsque des parties de maçonnerie traitées doivent être démontées (percement pour ouverture d’une porte ou fenêtre par exemple), des portions de mycéliums (racines) déjà traitées peuvent être remis à jour derrière des pierres ou moellons. Il convient d’appeler préalablement l’entreprise d’imprégnation pour évaluer les risques et donner les éventuelles informations nécessaires au maçon.

  • tout nouveau dégât d’eau doit être immédiatement signalé à l’entreprise d’imprégnation ainsi qu’une modification inattendue de l’aspect des surfaces traitées.

  • avant de procéder au recrépissages, l’entreprise de maçonnerie s’informera de la compatibilité de ses enduits avec les produits utilisés pour le traitement de la mérule. Dans tous les cas, les parois devront être sèches au toucher avant les recrépissages.

A ne pas oublier

  • Lors d’une nouvelle affectation (par exemple, aménagement d’une cave en chambre) on veillera particulièrement à ce que les locataires soient informés des présentes consignes.

  • Les ouvertures de ventilation existantes ou nouvellement créées ne doivent pas être obstruées.

  • Les polices d’assurances dégât d’eau peuvent couvrir les frais de traitement de mérule consécutifs à un dégât d’eau.

  • Pour tout complément d’information, prendre contact avec Sani-Bois, André Overney.

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Instructions particulières pour le chauffeur responsable du transport de matériau souillé par la mérule

  • La benne doit être couverte par une bâche (bâche plastique perdue mise à disposition par nos soins, rajouter un filet si nécessaire) pendant toute la durée du transport, jusqu’au moment où la benne sera vidée.

  • Le matériau doit être pris en charge immédiatement par la décharge / usine d’incinération responsable.

  • Sitôt la benne vidée, elle doit être désinfectée au moyen du produit laissé à l’intention du chauffeur (aussi lorsque remise en place). La mérule transportée est contagieuse pour les bâtiments et les matériaux de construction! Les parois intérieur es et le fond de la benne doivent être complètement mouillés par le produit de désinfection.

  • Les documents de suivis pour déchets spéciaux sont émis par le remettant :

    • 1 exemplaire -> remettant
    • 1 -> transporteur
    • 1 -> site de décharge
    • 1 -> Office fédéral de la protection de l’environnement

Information aux personnes, locataires, entreprises intervenant dans un bâtiment touché par la mérule

  • Le propriétaire est responsable de la communication de ces informations aux intervenants.

  • La mérule est un champignon contagieux pour les bâtiments. Il se transporte d’un endroit à l’autre par les racines qu’il génère dans les matériaux de construction ainsi qu’au moyen des spores qu’il dégage. La contamination par l’homme se fait facilement par les semelles des souliers ou les salopettes ainsi que par les outils qui ont servi à un travail en contact avec le champignon. Chaque inter venant est personnellement responsable de la propagation éventuelle du champignon sur un autre site par ses employés, des machines, des outils, du matériel évacué ou récupéré. Des r enseignements complémentaires spécifiques à chaque cas de figure doivent être demandés au propriétaire du bâtiment et/ou au responsable des travaux d’élimination du champignon.

  • Pour tout complément d’information, prendre contact avec Sani-Bois, André Overney.

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